L’égalité entre les sexes : un principe ambigu

L’égalité entre les sexes : un principe ambigu

Le sujet de l’égalité des sexes est d’une délicatesse sans nom au Québec et dans le monde entier. J’entends nombre de discussions le concernant et je dois avouer que, la plupart du temps, les individus qui osent le développer affirment des opinions haut et fort sans connaître les fondements du principe. C’est vrai qu’il n’est pas toujours évident de faire la part des choses et d’avoir une vision globale du sujet et ce, malgré le fait que le principe d’égalité soit présent dans le quotidien de chacun de nous. Peut-être que de commencer par l’identification des erreurs de jugement faites par tout un chacun pourrait nous aider à comprendre un peu mieux les enjeux de l’égalité entre les hommes et les femmes…

Quels sont les clichés principaux concernant le principe d’égalité entre les sexes selon vous?

Au fil du temps, j’ai pu en déceler plusieurs, mais, tant de la part des hommes que des femmes, deux opinions erronées surgissent pratiquement chaque fois que quelqu’un s’aventure sur ce sujet.

male femelle

Affirmation des femmes – « Les hommes et les femmes sont pareils! »

Plusieurs femmes mélangent le concept d’égalité des genres avec celui des différences biologiques et physiologiques. Cette pensée stipule qu’il n’existe pas de différences entre les hommes et les femmes. Il est assez facile de mettre le doigt sur l’origine de cette erreur de jugement : il n’y a pas si longtemps, on ne considérait pas les femmes autant que les hommes, tant dans l’univers social, religieux, financier, marital…  Les Arts, les Sciences, l’économie, l’histoire, les sports, la philosophie et tout ce qui a de la valeur sur cette terre étaient interdits aux femmes. Pas besoin d’être Albert Einstein pour comprendre que les femmes ont développé un sentiment d’infériorité par rapport aux hommes et qu’à l’inverse, les hommes ont développé un sentiment de supériorité par rapport aux femmes. On allait même jusqu’à croire que le cerveau des hommes était plus gros que celui des femmes.

Résultat : lors de la libération des femmes et de la reconnaissance légale du principe d’égalité entre les genres, les femmes se sont vu octroyer des droits au même titre que les hommes et elles ont rejetées leur féminité et tout ce qui vient avec. Elles associent souvent féminité à faiblesse. Elles associent également les qualités innées dites « féminines » comme étant un simple conditionnement psychologique basé sur l’oppression sociale. À la grande question : « est-ce qu’on naît femme ou on le devient? », elles ont pris parti et pour cause, elles ne souhaitent plus nécessairement devenir femme. Elles évitent donc de se maquiller, de se coiffer, de s’épiler, d’accentuer leur beauté féminine. Elles croient que parler fort, porter des vêtements masculins et être rigide dans leur propos leur confèrera un statut d’égalité face aux hommes. Elles utilisent souvent des moyens drastiques, tels qu’éviter le mariage, refuser la maternité ou encore, choisir délibérément une orientation homosexuelle afin de démontrer leur force et leur indépendance, mais en fait, elles ne font que démontrer leur manque de confiance en elles et perdent en crédibilité.

C’est tout à fait compréhensible que plusieurs d’entre elles se sentent un peu perdues dans le principe d’égalité des sexes et qu’en fin de compte, par le rejet de leur féminité, elles perpétuent davantage l’oppression masculine, plutôt qu’aider à l’évolution des mentalités. Lorsque les femmes auront suffisamment confiance en leur statut social, elles cesseront de se battre contre la différence entre les hommes et les femmes et elles assumeront mieux leur féminité. Vous savez, peu importe le principe, les femmes auront toujours des muscles plus courts que ceux des hommes, elles seront à jamais l’être pénétrable et fécondable, elles éprouveront éternellement plus de compassion et d’empathie pour autrui, elles sauront toujours faire preuve de don de soi et peu importe l’idée qu’on en a, les femmes seront toujours plus belles que les hommes (opinion personnelle)! 😉

Les femmes et les hommes ne sont pas pareils, ils sont complémentaires. Ils sont égaux certes, mais différents… Et vous savez, il n’y a pas de comportements plus indépendant et affranchi que de faire honneur à toute la beauté de ce qu’est d’être une femme!

Affirmation des hommes – « Les femmes ont voulu devenir comme nous, ben qu’elles fassent leur changement d’huile toutes seules et qu’elles paient leur facture au restaurant d’abord! »

Ce genre de propos démontre bien que les hommes sont tout aussi inquiets, en ce qui a trait à leur masculinité, que les femmes le sont avec leur féminité. L’émancipation des femmes est souvent perçue comme une menace à leur virilité et ils réagissent parfois avec orgueil et fierté. Il semblerait que les hommes mélangent eux aussi le principe d’égalité des genres avec celui des différences biologiques entre les sexes. Ce n’est pas parce que les femmes ont voulu obtenir le droit de vote, le droit aux études et au marché du travail, qu’elles ont intrinsèquement changé. Le rite amoureux des mammifères humains a évolué, mais il ne faudrait pas retrancher ce qu’il y avait de naturel dans les mœurs d’origine pour cause de changement. Les femmes aimeront toujours se faire dire qu’elles sont belles, elles aimeront à tout jamais être abordées avec douceur et subtilité, c’est dans leur nature d’être plus délicate.

Résultat : Il y a une forme d’addition-soustraction qui règne maintenant dans plusieurs esprits masculins modernes face à l’égalité des genres : « si elles peuvent le faire, nous n’avons plus à le faire! » Cette vision des choses a un effet très pervers sur les relations de couple entre les hommes et les femmes, car le balancier du foyer est déséquilibré. En plus de subvenir aux besoins de la famille, les femmes remplissent toujours les mêmes responsabilités qu’auparavant : c’est une bien grande pression qui leur est imposée! Si en plus, les hommes perçoivent cette situation de façon égocentrique et égoïste, le couple n’a aucune chance de survivre.

Évidemment, les nouvelles générations de garçons assimilent mieux les changements liés à l’égalité entre les hommes et les femmes. Ils assument bien leur masculinité et ils n’ont pas l’impression d’avoir perdu quelque chose. En fait, plusieurs ne sont même pas conscients des inégalités qui règnent encore dans la société tellement ils perçoivent les femmes comme leur égal. C’est bien dans la forme, mais dans le fond, cela cause également des erreurs de jugement. Le fait que les « nouveaux hommes » croient que les femmes ne sont pas victimes d’injustices sociales laisse supposer qu’il n’y a plus de luttes à mener. Ils qualifient alors les femmes qui combattent contre les inégalités comme étant des frustrées ou des « féministes enragées ». Cela a pour effet de discréditer les femmes, aux yeux des hommes ET à ceux des femmes, qui s’investissent afin d’obtenir une réelle égalité.

En guise de conclusion, que dire de plus que les hommes et les femmes sont splendides dans leur intégralité?! Le jour où nous nous accepterons tels que nous sommes, avec nos différences, avec nos complémentarités, nous parviendrons à vivre ensemble.

Il y a bien longtemps, bien av. J.-C., Platon a dit : « L’homme et la femme pour être bons ont besoin des mêmes choses : savoir, justice et sagesse. »

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