Attache-moi !

Attache-moi !

Est-ce qu’il vous arrive de vous sentir extra-terrestre parfois? Êtes-vous toujours bien « groundé », les deux pieds dans la réalité 24h/24, 7 jours/7, 365 jours/année? Aimez-vous ce qui est bon pour vous, détestez-vous ce qui est mauvais, faites-vous toujours ce qu’il faut faire pour votre bien et celui des gens que vous aimez? Et surtout, êtes-vous capable d’aimer sincèrement, profondément..? On dit qu’il est difficile de dire « je t’aime » à quelqu’un, mais personnellement, je trouve que ce mot est bafoué, qu’on l’utilise à toute les sauces et sans en percevoir la vraie signification. Ce n’est pas ardu de dire « je t’aime », c’est ardu de ressentir ces mots.

Que ce soit l’amour qu’on éprouve pour sa famille, pour ses amis, pour ses animaux ou pour son amoureux, cela renvoie toujours au lien d’attachement. La nature de la personne aimée importe peu; lorsqu’on est capable d’aimer et de se lier adéquatement à sa mère quand on est enfant, on aura probablement la même capacité avec un ami ou un amant plus tard.

John Bowlby est un pédopsychiatre anglais qui a formulé, dans les années 1960, une théorie sur les liens d’attachement qui est connue et reconnue au sein de la profession. D’après lui, l’attachement est un processus instinctif destiné à assurer la survie de l’espèce. Il affirme que l’attachement débute dès la grossesse et s’établit pendant les trois premières années de la vie. Il dit que ce premier lien d’attachement va influencer la façon dont l’humain va ensuite établir ses relations sociales pour le reste de sa vie. Je ne veux pas vous écraser sous des théories psychologiques, mais avouez que présentement vous réfléchissez au type d’attachement que votre mère a créé avec vous lorsque vous étiez enfant et aux répercussions que cela a sur vos interactions sociales aujourd’hui. C’est pour ça qu’on dit que les gens qui étudient en psychologie font leur analyse, c’est impossible de ne pas appliquer les théories apprises sur sa propre existence! 😉

Alors quoi? Pourquoi est-ce que je vous parle de ça aujourd’hui?

Tout simplement parce que ce lien d’attachement, même s’il est instinctif, n’est pas créé adéquatement pour tout le monde et qu’il faudrait comprendre qu’il n’existe pas de modèle unique de l’amour. On juge énormément la façon dont les gens se lient aux autres : une mère trop froide avec son enfant, un père trop autoritaire, une blonde trop accaparante, un chum trop indépendant, une amie aux tendances hypocrites ou même un maître trop mou avec son chien.

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S’tu moi ou il n’y a plus de place à l’imperfection alors qu’on n’a jamais vécu dans une époque aussi névrosée?

Il me semble que ce qui devrait surtout être évalué, c’est la véracité des sentiments, non?! J’ai parfois l’impression que notre façon d’exprimer et de ressentir l’amour est extrêmement différente aujourd’hui et qu’on ne se demande plus si cet amour est vrai ou non. Aujourd’hui, on reste en couple parce que c’est moins de trouble et moins cher que le divorce, on aime nos enfants parce que c’est la norme, on se lie d’amitié parce qu’on n’est pas capable d’aller seule au restaurant ou dans un bar, etc. Mais sérieusement, si vous enlevez toutes vos barrières morales et que vous faite un tour d’horizon sur vos relations interpersonnelles, aimez-vous sincèrement et ressentez-vous un attachement profond avec chacune des personnes de votre entourage? C’est un constat difficile à faire, mais je crois que cela est nécessaire lorsqu’on veut évoluer.

Le but n’est pas de faire le vide autour de vous ou de pointer du doigt l’éducation que votre mère vous a donnée, c’est plutôt de vous amener vers une réflexion sur l’authenticité de vos sentiments envers les personnes que vous dites « aimer ».

Out la morale, out les obligations, out l’émotivité… Pouvez-vous dire que vous ressentez un attachement réel avec la personne qui est couchée à côté de vous? Aimez-vous votre enfant parce qu’il faut que vous l’aimiez?

Sébastien dit qu’il faut démontrer de la générosité afin d’être capable de se lier aux autres de façon sincère et je suis d’accord avec lui. Le hic, c’est que ce n’est pas toujours évident d’être généreux. Parfois la vie est difficile et on n’a juste pas envie « de se faire chier » avec les autres. Je sais que c’est plutôt rebelle comme raisonnement, mais c’est tout de même vrai! Évidemment, si on ne donne pas, on ne reçoit pas ou très peu alors on risque de finir esseulée et amère.

Personne n’a envie de cette triste fin… Pas moi en tout cas!

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